15 juin 2016

"Laudanum" de Virginie Bégaudeau



« Ils atteignaient leur objectif, je le sentais, éradiquant la trace de l’insanité qui n’était, en fait, que ton ombre. Je ne prévoyais plus de m’en tirer, tu sais, j’attendais seulement de m’étourdir la nuit tombée. De m’étouffer d'une dose trop belle de laudanum. »

1903, Moïra est mise en exil pour avoir choisi de croire en un rêve censuré. Suite aux troublants événements qui ont accompagné son enfance, elle se retrouve entre les murs de Beauregard, unie à Noé, liée aux mensonges obscurs de son foyer et enchaînée à cet homme venu de nulle part.

Sa rencontre avec Claire Bach, jeune psychiatre en devenir, changera définitivement sa vision du monde, la protégeant des insensés qui l’anéantissent.

Un roman singulièrement aliénant sur le chemin détourné d’une jeune fille qui tente, par tous les moyens, de sauver sa réalité.



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Ce livre m'a fascinée car le sujet traité dans ce livre me fascine de base: la psychologie/psychiatrie et toutes les maladies de l'esprit. Je suis tellement captivée par tout ça, que je suis, à l'heure actuelle, des cours par correspondance de psychologie pour encore mieux comprendre comment les gens fonctionnent et pourquoi ils fonctionnent comme ça. 

Et là dans ce récit, nous plongeons au début du siècle et c'en est effrayant. Effrayant pour toute la partie médecine et les traitements infligés aux personnes souffrant de maladies mentales. Il y a une inhumanité complète du corps médical et j'ai presque été choquée à la lecture de constater que la médecine revient de très très loin au niveau de la santé mentale. Le début du siècle semble loin et pourtant, pour moi c'était hier et je suis ravie de voir la belle évolution de la psychiatrie.

Les personnages principaux sont très attachants.
J'ai eu une tendresse particulière pour Moïra, jeune fille qu'on a envie d'aider et de comprendre. Elle est perdue dans ce monde qui n'est pas fait pour elle, et elle n'en est que plus captivante. J'ai eu envie de voir avec ses yeux et de comprendre avec son cerveau pour percevoir un tant soit peu ce qui fait sa réalité.

Noé a eu le droit lui, a ma pitié mais ce n'est pas négatif. Il a une tâche qui n'est pas des plus évidentes et il va tout faire pour la mener à bien, sans réellement en comprendre les enjeux. Il est perdu mais a une conviction folle, ce qui en fait un être également touchant.

Et puis Jared... Ah Jared! L'énigme même de ce livre, ce "fantôme" qui hante les pages et Moïra. Je l'ai détesté pour tout le mal qu'il a fait, personnage sombre et mystérieux, créant plus la désolation que le bien. Il m'a fait posé de nombreuses questions et je ne savais pas trop de quel côté me positionner.

Pour terminer dans les personnages principaux et marquants, il y a Claire, jeune femme au passé un peu trop trouble qui fait des études de médecine. Elle a eu toute mon affection car je voulais qu'elle comprenne Moïra et qu'elle parvienne à la sauver. C'est la seule personne qui cherche à comprendre ce qui se passe et qui essaye de faire quelque chose et j'ai été à fond avec elle.

L'histoire, quant à elle, est fascinante, passionnante et très prenante. J'ai eu beaucoup de mal à poser le livre, tellement j'avais envie de connaître la fin et surtout comment cela se terminait pour Moïra. 
L'écriture sert parfaitement bien le récit, très fluide et agréable à lire.


C'est une lecture faisant partie du Prix de l'autre Edition, pour la maison d'édition "Books on Demand". Ma note: 17,5/20





Ce livre rentre dans mon challenge 50 romans en 2016 (60/50)

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