22 nov. 2015

"L'écrivain de la famille" de Grégoire Delacourt



Titre: L'écrivain de la famille
Auteur: Grégoire Delacourt
Editions: Jean-Claude Lattès
Edition lue: Le livre de Poche
Année de parution: 2011
Nombre de pages: 235
ISBN: 978-2-253-16854-6


Quatrième de couverture.
A sept ans, Edouard écrit son premier poème, quatre rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l'écrivain de la famille. Mais le destin que les autres vous choisissent n'est jamais tout à fait le bon...
Avec grâce et délicatesse, Grégoire Delacourt nous conte une histoire simple, familiale, drôle et bouleversante.


Mon avis.

Woah... Je ne sais pas trop comment donner mon avis sur ce livre, ne sachant pas trop si je l'ai aimé ou pas. Cela m'arrive de temps en temps, avec certains livres, de ne pas comprendre mon ressenti et pouvoir classer un livre en "apprécié", "très apprécié" ou "pas apprécié". Bon ben c'est ce livre qui a gagné (il faut forcément un gagnant!!)!

J'ai été énormément perturbée par l'écriture de l'auteur mais pas forcément de manière négative. des phrases très courtes de deux ou trois mots se succèdent aux phrases très longues, donnant un rythme à l'histoire, ce qui peut être légèrement déstabilisant. Le narrateur est le personnage principal de l'histoire et le récit se cale sur sa vie, ce qu'il ressent et donc le ton change, les phrases se modifient, même le registre se trouve changeant.
Cela permet finalement de mieux comprendre... ou justement de ne pas comprendre. 
Tout n'était pas compréhensif. Il y a certains passages que j'ai eu du mal à analyser, à comprendre dans un premier temps, et à plusieurs moments j'ai repris ce que j'avais déjà lu pour mieux comprendre.

Grégoire est une personne qui va d'obstacles en obstacles, de drame en drame... Un peu agaçant par moment par certains choix qu'il fait (pour une fois que c'est un homme qui me rend dingue pour cette raison :roll:) mais comment le blâmer avec le passé qu'il a... Chacun traîne ses boulets comme on dit...
Et il en a... Son père, sa mère, son frère.

Sa vie est finalement un drame j'ai trouvé et j'ai souvent eu les larmes au bord des yeux quand elles ne coulaient pas franchement le long de mes joues (je suis une pleureuse qui s'assume, je vous assure ;)).
Longtemps je me suis demandée: est-ce une histoire ou le récit de sa propre vie? Et cela m'a perturbée comme bien souvent. Si c'est ce qu'il a réellement vécu... Je ne trouve pas de mots pour exprimer ma peine pour lui.

Ce qui est bizarre, c'est que je sais qu'il y a des gens qui vivent des choses comme il décrit dans son livre et je fais clairement parti des privilégiés, je n'ai rien vécu de très dramatique (enfin si mais ce n'est pas le sujet). Et c'est atroce de se dire qu'il y a des gens qui vivent ainsi, qui ne sont pas heureux... Qui font des choix sans réellement savoir pourquoi et du coup qui sont malheureux et qui ne peuvent rien faire pour le malheur des gens qui leur sont chers...
Je ne sais pas si ma pensée est claire... Mais cela fait finalement réfléchir sur la vie et sur le bonheur.

Et c'est effrayant de voir ce qu'une phrase, un espoir de parents peut ruiner la vie d'un enfant... (J'ai vu des exemples dans mon entourage... C'est violent :no:)L'écrivain de la famille qui est persuadé d'avoir une obligation, un devoir envers les autres et qui fait tourner sa vie autour de ça... La violence des mots est souvent ignorée...

En terminant ce livre, je me suis dit: "J'ai de la chance, je suis heureuse!". Alors je remercie ce livre de m'avoir permis de relativiser.


Quelques citations que j'ai adoré pour terminer cette critique.

"Tu te souviens, demanda ma mère à Claire, ce que disait ton frère quand il avait peur? Claire renifla. Il disait eur, eur. Oui et toi tu croyais qu'il voulais dire peur, enchaîna ma mère, mais il disait coeur, coeur, parce que c'est là qu'il voulait se cacher lorsqu'il avait peur Claire. Dans ton coeur." page 64.

"Parce que des mots avaient fait jaillir le mercure de tes yeux. J'y avais pris du plaisir mais le plaisir ne fait pas un livre. Il éloigne temporairement la peur. Anesthésie fugitivement les doutes. Je ne suis pas un guérisseur papa, mais je te promets, je vais apprendre."  pages 100-101

"Un accouchement est une guerre où l'on ne peut pas rendre les armes." page 120

"Ouf. Les langues de putes ne font pas de grands poètes."  page 186

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