28 oct. 2015

"Les immortelles" de Makenzy Orcel

Titre: Les immortelles
Auteur: Makenzy Orcel
Editions: Points
Date de parution: 14/11/2014
Nombre de pages: 144
EAN: 9782757835845

Quatrième de couverture.
Mon nom, c’est la seule intimité qui me reste. Peu importe comment je m’appelle. Moi, je raconte. Toi, l’écrivain, tu couches sur le papier, tu transformes. En échange, tu me feras tout que tu veux. Tu écriras notre histoire, celle des prostituées de la Grande-Rue. Tu parleras de la petite, disparue dans le tremblement de terre. Tu diras nos douleurs, nos souvenirs. Tu nous rendras immortelles.

Makenzy Orcel est né en 1983 à Port-au-Prince. Les Immortelles est son premier roman. Il a été écrit au lendemain du tremblement de terre qui a secoué Port-au-Prince pour dire la folie de vivre malgré l’épouvante autant que pour livrer le plus insolent témoignage face à l’apocalypse.

Mon avis.
134 pages pour raconter la violence d'un monde.

134 pages pour faire éclater la colère et l'impuissance.

134 pages pour que trois femmes parlent d'une seule femme: une fille, la petite.

134 pages pour un tremblement de terre, un tremblement de vies.

134 pages d'une écriture affamée, arrachée des tripes, vomie presque sur le papier pour ne pas oublier et montrer aux autres, aux lecteurs.

134 pages d'une impression d'urgence, de besoin de raconter cette Grande-Rue et ces vies, de parler de ces prostituées qui font le monde mais sont oubliées, trop rapidement.

134 pages d'une lecture rapide, d'une traite presque, à ne pas pouvoir détourner les yeux, à essayer de comprendre les rôles de chacun et surtout le message transmis pour ne pas passer à côté de cette lecture.

134 pages pour raconter la petite, la vie de prostituée, les différences, la lecture, les besoins des hommes, la BMW rouge, les bordels, ...

134 pages de vulgarité parfois gênante pour la lectrice, mais qui comprend que cela ne pouvait être écrit autrement, parce que c'est ce monde là qui est raconté et pas un autre: un monde fait de violence et de vulgarité, de sexe mais pas d'amour.

134 pages à se demander quelle critique faire à la fin pour rendre hommage au livre.

134 pages à essayer de comprendre ses sentiments face à ce récit, finalement émouvant.

134 pages de petits paragraphes, de petits chapitres qui font le rythme, servent la plume de l’auteur et qui font tout et qui font rien.

134 pages pour voté « Apprécié » parce que la lecture a été appréciée mais pas plus parce que la lectrice s’est rendue compte qu’elle préférait la fiction à la réalité : il est plus facile de fermer les yeux et d’oublier après coup.

134 pages à être dérangée et à être obligé d’ouvrir les yeux pour regarder cette réalité en face, à souffrir avec les protagonistes.

134 pages et des remerciements aux Editions Points et au forum PartageLecture, parce qu’il n’y a pas de regrets à cette lecture et que la découverte fut intéressante.





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